16 mars 2025 à 04h00
Jouer au soccer, c’est bien. Sauver la planète, ce serait encore mieux selon Susanne Haaland du CF Rapide d’Ottawa.
L’an dernier, lorsqu’elle évoluait pour Koboltn en Norvège, elle occupait en parallèle un emploi à temps partiel dans un groupe de pression luttant contre les changements climatiques et pour la défense des droits de la personne.
«J’étais payée pour jouer en Norvège, mais j’avais besoin d’un revenu secondaire. Je n’aurai pas besoin de le faire ici, mais j’aimerais quand même continuer. Je trouve que c’est bien d’avoir autre chose à penser que le football à l’occasion, surtout si c’est quelque chose d’important», explique l’arrière norvégienne du CF Rapide.
C’est depuis l’obtention d’une maîtrise en droit à l’Université d’Oslo que Susanna Haaland a fait de la lutte contre les changements climatiques un emploi.
La joueuse norvégienne est aussi membre du regroupement High Impact Athletes, une organisation qui aide les athlètes de tous les horizons à utiliser leur plateforme pour influencer des changements positifs dans notre société.
En entrevue avec Le Droit, à la fin d’un entraînement avec sa nouvelle équipe, Haaland s’anime en parlant de ces enjeux. Sa passion est indéniable.
«Je ne suis pas sur les médias sociaux, alors je n’ai probablement pas une aussi grande plateforme que je pourrais avoir, mais je suis active auprès d’œuvres de bienfaisance liées au football», explique la membre fondatrice du CF Rapide d’Ottawa, dans la toute nouvelle Super Ligue du Nord.
«Nous voulons que cette ligue soit remplie de bonnes joueuses, mais ce serait bien si elle est aussi remplie de joueuses qui font le bien, qui ne font pas que jouer au football. Il y a des choses qui sont, ultimement, plus importantes», ajoute Susanne Haaland.
L’arrière norvégienne estime que le sport et les causes sociales sont loin d’être incompatibles. Au contraire, même si plusieurs athlètes fuient les enjeux politiques comme la peste, Susanne Haaland y voit un mariage tout à fait naturel.
Susanne Haaland et ses coéquipières du CF Rapide triment dur pour en mettre plein la vue aux partisans de soccer d'Ottawa, dès le mois prochain. (Patrick Woodbury/Le Droit)
«Le sport a cette capacité de rassembler les gens. Si on pense à la mondialisation, qui est sous attaque en ce moment, quel en est le meilleur exemple? C’est probablement la Coupe du monde, parce que des pays de tous les continents y participent. Les gens sont fiers de leur pays et de leur culture, mais sur le terrain, tout le monde joue avec les mêmes règles», explique Haaland.
En attendant de changer le monde, elle se dit très excitée du défi que représente la création d’une toute nouvelle équipe et entend tout donner au CF Rapide afin d’obtenir un championnat dès cette saison.
«Normalement, quand tu arrives dans une équipe, il y a des valeurs et une culture déjà établies, un style de jeu aussi. Ici, tout est nouveau, se réjouit la Norvégienne de 27 ans. Ça amène un peu d’incertitude, mais en même temps, c’est une page blanche. Nous pouvons tous façonner l’équipe comme nous aimerions qu’elle soit.»